Réponses morphologiques et nutri[ti]onnelles de plantations juvéniles de conifères fertilisés en tourbières résiduelle
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L'extraction industrielle de la tourbe horticole transforme les tourbières en un milieu presque totalement dépourvu de la végétation et la faune endémiques. Le réaménagement des tourbières résiduelles par 1'afforestation est une des options de réhabilitation d'un tel écosystème lorsque la réintroduction de la sphaigne de mousse s'avère laborieuse, difficile et couteuse. Cette étude avait pour objectif général d'évaluer la croissance juvénile de conifères plantes en tourbières résiduelles sous deux modes de fertilisation. Les objectifs spécifiques de cette étude étaient d'évaluer les réponses morphologiques et de faire un diagnostic nutritionnel des conifères fertilises —mélèzes laricin (Larix laricina L.) (MEL) et hybride (Larix sp.) (MEH) et épinette noire (Picea mariana) (EPN) ~ plantes sur des tourbières résiduelles dans la Péninsule acadienne du Nouveau-Brunswick en 2005 et 2006. Les traitements, appliques au moment de la plantation, étaient 1) de l'engrais sous formes de pastilles (P) (lOg/plant) de formulation 20-10-5 Evergro Canada Inc.; 2) des poches de the (T) (lOg/plant) de formulation 20-11-9 Forest Pak; et 3) un traitement préparatoire du sol minéral (M). Les réponses des espèces ont été évaluées par des mesures de la survie, de la biomasse sèche racinaire par plant, de la densité racinaire dans le substrat tourbeux, de la croissance annuelle de la pousse terminale et des concentrations en éléments nutritifs des aiguilles, effectuées à l'été 2008. Les différences sont marquées entre espèces: le mélèze hybride à un taux de survie moyenne nettement plus faible que le mélèze laricin et l'épinette noire (-70%, 94% et 97%, respectivement); les moyennes de biomasse sèche racinaire (BSR) et de densité racinaire par plant (DR) du MEH et du MEL sont statistiquement similaires (40 g et 47 g) et (30 g/m3 et 40 g/m3), mais significativement supérieures à celles de l'EPN (15 g et 20 g/m3); et la croissance moyenne annuelle du MEH et du MEL est supérieure à celle de l'EPN (15 cm vs 8 cm). Pour ce qui est des concentrations en macro- et oligoéléments, ainsi que les ratios N/P, N/K/ N/Ca et N/Mg des aiguilles, les résultats ne montrent généralement pas de différence significative entre les traitements P et T. Les jeunes arbres ayant été soumis aux traitements P et T sont déficients en phosphore et en potassium, mais suffisamment approvisionnes en azote. La carence de ces deux éléments influence négativement l'équilibre des concentrations foliaires en macroéléments. À l'opposé, le sol minéral (M) fournit assez de phosphore et de potassium, mais génère une déficience en azote. De manière générale, il y a peu de différence entre les effets des deux types de fertilisant. En ce qui concerne les espèces plantées, le mélèze laricin, de par sa plasticité et en fonction des résultats obtenus, semble être le mieux adapte en termes de croissance; le mélèze hybride bien qu'ayant des caractéristiques de croissance élevées montre une susceptibilité a la sècheresse, d'où l'importance d'un choix judicieux de l'espèce a planter pour réaménager les tourbières résiduelles et la suggestion d'être prudent dans le choix d'espèces améliorées. Cette étude révèle une déficience en phosphore et en potassium dans les aiguilles pour les traitements P et T; il est donc suggéré d'augmenter, en fonction des réponses ou de la sensibilité de chaque espèce, le taux de potassium et de phosphore dans leurs formules. Mots clés : conifères juvéniles, tourbière résiduelle, fertilisation, pastilles, poches de thé, sol minéral, réponses morphologiques et nutritionnelles.
